Brialy

 
Brialy. Source: Wikipedia

Jean-Claude Brialy est un acteur, réalisateur, scénariste et écrivain français, né le à Aumale, en Algérie, et mort le à Monthyon (Seine-et-Marne).

Issu de la Nouvelle Vague du cinéma français, il a joué dans plus de deux cents films au cours d'une carrière commencée en 1956 et a côtoyé de grands réalisateurs tels que Louis Malle, Claude Chabrol, François Truffaut ou Éric Rohmer mais aussi Philippe de Broca. Vedette (Le Beau Serge) ou second rôle, il a été nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle avec Le Juge et l’Assassin en 1977 et l'a remporté avec Les Innocents en 1988.

Une formation de comédien

Né à Aumale en Algérie, il est le fils de Roger Jean Brialy, un officier français (lieutenant au 65ème d'artillerie), qu’il suit dans ses multiples affectations pendant son enfance, et de Suzanne Abraham. Il passe ainsi par Blida en Algérie, puis Bône (actuellement Annaba) et, en 1943, Marseille. La famille Brialy s’installe ensuite à Angers. Jean-Claude et son frère cadet de deux ans Jacques vont à l’école au lycée David-d'Angers (où il connaît son « premier émoi de comédien » dit-il dans son autobiographie) et les vacances se déroulent chez leurs grands-parents à Chambellay ou bien à Issoire, dans le Puy-de-Dôme, chez ses grands-parents maternels. Il écrit en 2000 dans son autobiographie que c’est dans ce village qu'il vit les plus beaux moments de son enfance marquée par un manque d'amour, élevé à la cravache par des parents qui entretiennent une rivalité avec son frère.

En 1946, il fait son entrée au Prytanée national militaire de La Flèche, dans la Sarthe, avant de déménager de nouveau à Saint-Étienne, et finalement passer son baccalauréat au collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg, où il suit en parallèle des cours d’art dramatique, sa passion, contre l'avis de son père colonel qui le destine à une carrière militaire.

Il obtient le premier prix de comédie au conservatoire de Strasbourg et entre alors au centre d’art dramatique de l’Est, où il interprète différents rôles de théâtre. Pendant son service militaire à Baden-Baden, il est affecté au service cinématographique de l’armée en Allemagne, l’occasion pour lui de tourner en 1954 son premier court-métrage, Chiffonard et Bon Aloi. À la fin de son service militaire, il monte en à Paris seul car ses parents ne cautionnent pas ses velléités de saltimbanque.

Du cinéma à la télévision, et le château de Monthyon

En 1954, il débarque à Paris, vit de petits boulots, ses parents refusant de l’aider. Il fréquente alors la bande des Cahiers du cinéma et joue dans un court-métrage Le Coup du berger de Jacques Rivette. Après avoir été stagiaire assistant-réalisateur sur French Cancan de Jean Renoir en 1954, il va alors multiplier apparitions et rôles, dont Elena et les Hommes de Jean Renoir en 1956 (source d'une grande déception car la scène est coupée au montage alors qu'il voulait impressionner sa famille), Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle en 1957 et surtout Le Beau Serge et Les Cousins de Claude Chabrol, qui lui apportent la célébrité.

En 1959, il achète grâce à l'aide financière de Claude Chabrol et de François Truffaut le château de Monthyon, près de Meaux, que lui a fait connaître Marie-José Nat. Il y passe plusieurs mois de convalescence après une lourde opération chirurgicale à la suite d'une mauvaise chute dans Le Beau Serge. Reconnu à la fois par le public et par ses pairs, Brialy est vite devenu l'ami de nombreux artistes. C'est chez-lui à Monthyon que Romy Schneider se ressourcera après la mort accidentelle de son fils en 1981 et que Jacques Chazot, atteint d'un cancer de la gorge, passera les derniers mois de sa vie, avant d'être enterré en 1993 dans le cimetière de la commune. Jean-Claude Brialy achète aussi, en 1966, un ancien bistrot de l'île Saint-Louis à Paris, qu'il fait transformer en restaurant sous l'enseigne L'Orangerie. Ce lieu de vie nocturne verra défiler en toute discrétion un grand nombre d'artistes français et étrangers.

Ce château c'est la vie de Jean-Claude Brialy qui y a vécu 48 ans, à la campagne comme il disait lui qui n'aimait pas la campagne. Il l'avait choisit pour son emplacement, face à la Mairie, l'église et l'école. De manière à faire comme son grand-père paternel: regarder l'horloge de l'église et entendre les cloches. En effet, son grand-père avait acheté en 1937 une horloge à l'Exposition Universelle qui ne fonctionna jamais. Sans cesse son papi regardait l'horloge de l'église. Cette habitude ne le quitta jamais.

Le petit théâtre comme l'appelait Jean-Claude était réservé aux projections privées avec les amis. Au premier étage, on trouve les anciens sièges du théâtre des Bouffes-Parisiens.

Il devient un acteur prisé des réalisateurs de la Nouvelle Vague, jouant pour Jean-Luc Godard dans Une femme est une femme, pour Éric Rohmer dans Le Genou de Claire et pour François Truffaut dans La mariée était en noir. Il est très proche de François Truffaut ; en 1968 ce dernier demande à Marcel Berbert et à Jean-Claude Brialy d’être les témoins de son mariage avec Claude Jade; mariage qui ne se fera pas. Grand travailleur, il tourne plusieurs films par an, jouant également au théâtre.

Il passe à la réalisation avec son premier film en 1971, Églantine, qu’il tourne à Chambellay, un village d’Anjou d'où sont natifs ses grands-parents, puis en 1973 Volets clos. En , il réalise pour la télévision, Les Malheurs de Sophie, tourné au château de Lorie à La Chapelle-sur-Oudon, près de Segré.

Le théâtre et l’écriture

Directeur du théâtre Hébertot (1977) puis du théâtre des Bouffes-Parisiens (de 1986 à sa mort, la direction étant alors reprise par son compagnon Bruno Finck), il est longtemps directeur artistique du festival d’Anjou (1985-2001) ainsi que le créateur et directeur artistique du festival de Ramatuelle à partir de 1985.

En 2000 et 2004, il écrit deux livres autobiographiques qui rencontrent un réel succès de librairie: Le Ruisseau des singes (éd. Robert Laffont), où il évoque plus particulièrement les bons moments de son enfance passés à Chambellay près d’Angers (« Mon paradis, c’est l’Anjou ») et J’ai oublié de vous dire (XO éditions). En 2006, à la suite de son voyage dans son pays natal, il publie Mon Algérie (Timée éditions). Il écrit aussi des anthologies: Les Pensées les plus drôles des acteurs et Les Répliques les plus drôles du théâtre de boulevard (Le Cherche-Midi).

Personnalité du « tout-Paris », il intervient parallèlement dans de nombreuses émissions de radio et de télévision, comme Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL. Il participe régulièrement à l’émission.

Sa proximité avec les artistes l'amène à assister à la plupart des enterrements de célébrités, à tel point que son ami Thierry Le Luron l'avait surnommé « la Mère Lachaise » (en référence au célèbre cimetière parisien et à son homosexualité).

Il devient ainsi rapidement, à partir des années 1970 le confident des grandes stars, comme Arletty, ou Jean Gabin, et il acquiert un savoir encyclopédique sur le show business. Toutefois, il publiera entre 2000 et 2007 une grande partie de ses connaissances et anecdotes, avec des récits largement autobiographiques (dont Le ruisseau des singes, en 2000).

Il racontera aussi, en parallèle, ses anecdotes et confidences sur le show business, en de nombreuses émissions de télévision, ou de radio, où il était un « bon client ». Il était aussi consulté régulièrement pour des documentaires sur diverses personnalités.

Fin de sa vie

Il tourne son dernier téléfilm en 2006, Monsieur Max de Gabriel Aghion. On le voit aux obsèques de Gérard Oury, en , avec lequel il avait tourné Lévy et Goliath, aux funérailles de Philippe Noiret le et à celles de Jean-Pierre Cassel en . Quelques jours avant sa mort, Jean-Claude Brialy est présent à Cannes pour les soixante ans du festival et à l'émission de Philippe Bouvard, Les Grosses Têtes, dont il était « sociétaire ».

Entre 2006 et 2007, il soutient la candidature à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy, dont il assiste à de nombreux meetings.

Celui-ci est élu président, quelques jours avant la mort de Brialy à Monthyon, le (des suites d’un cancer de la mâchoire, n’ayant averti personne — pas même ses amis proches — de sa maladie) à qui il rend alors hommage par un communiqué, puis en assistant à ses obsèques. Celles-ci sont célébrées en l’église Saint-Louis-en-l'Île, le . La messe des funérailles est concélébrée par l’évêque Jean-Michel Di Falco et l’abbé Gérard Pelletier, en présence de nombreuses autres personnalités et célébrités.

Jean-Claude Brialy est enterré au cimetière de Montmartre, l'acteur cabot ayant choisi volontairement une tombe juste à côté de la célèbre « Dame aux Camélias » pour bénéficier de la visite de ses admirateurs. Un édicule abrite une muse couronnée de pavots.

Vie privée

Son homosexualité, longtemps cachée à son père et au monde du cinéma, est revendiquée depuis la parution en 2000 de son autobiographie Le Ruisseau des singes. Il déclare au magazine Têtu en qu'au début de sa carrière, « c’était tabou. […] D’ailleurs, je ne vois pas l’intérêt de dire : « Il est jaune », « Il est juif » ou « Bonjour, je suis homosexuel ». Moi, j’étais un « homosexuel naturel », je ne me suis jamais posé de questions, j’ai eu des aventures avec des femmes, des hommes… J'ai choisi les hommes par égoïsme, parce que je trouvais que les rapports étaient plus simples, mais aussi par goût ». En 1994, Jean-Claude Brialy participe au doublage du film Priscilla, folle du désert, qui traite du thème de l'homosexualité : il prête sa voix à l'acteur Terence Stamp.

Opposé au mariage gay, mais favorable à un PACS amélioré (« Les gens qui se pacsent devraient avoir les mêmes droits que les gens mariés »), Jean-Claude Brialy s'est aussi beaucoup engagé dans la lutte contre le sida, notamment aux côtés de Line Renaud : « Beaucoup croient que le sida se guérit, mais pas du tout, la mort est toujours au bout. Les homosexuels doivent montrer l'exemple et encourager les gens à se protéger, à se défendre. Je suis un porte-parole de Sidaction. Je vais aux réunions et il y a quelques années, j'ai fait avec Sophia Loren une vente aux enchères qui a rapporté dix millions de francs. On a pu acheter une maison à Genève pour les gens en fin de vie. »

En 2013, Bruno Finck, son dernier compagnon et son héritier, vend aux enchères le contenu de l'appartement de l'île Saint-Louis qu'il partageait avec le comédien. La ville de Meaux reçoit en legs sa propriété de Monthyon et sa collection d'objets. Son compagnon vit toujours au Château de Monthyon en tant qu'usufruitier du domaine.

Théâtre

En tant qu'acteur

  • 1958 : Les portes claquent de Michel Fermaud, mise en scène Christian-Gérard, théâtre Daunou
  • 1962 : Un dimanche à New-York de Norman Krasna, mise en scène Jacques Sereys, théâtre du Palais-Royal
  • 1965 : Madame Princesse de Félicien Marceau, mise en scène de l'auteur théâtre du Gymnase Marie-Bell
  • 1966 : Madame Princesse de Félicien Marceau, mise en scène de l'auteur théâtre des Célestins
  • 1968–1970 : La Puce à l'oreille de Georges Feydeau, mise en scène Jacques Charon, théâtre Marigny puis au théâtre du Palais-Royal et au théâtre des Célestins
  • 1971 : Le Ciel de lit de Jan de Hartog, adaptation Colette, mise en scène Jacques Charon, théâtre du Palais-Royal
  • 1974 : L'Hôtel du libre échange, de Georges Feydeau, théâtre Marigny
  • 1977 : Si t'es beau, t'es con de Françoise Dorin, mise en scène Jacques Rosny, théâtre Hébertot
  • 1980 : Madame est sortie de Pascal Jardin, mise en scène Pierre Boutron, Comédie des Champs-Élysées
  • 1984 : Désiré de Sacha Guitry, mise en scène Jean-Claude Brialy, théâtre Édouard VII
  • 1986 : Le Nègre de Didier Van Cauwelaert, mise en scène Pierre Boutron, théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 1989 : L'Illusionniste de Sacha Guitry, mise en scène Jean-Luc Moreau, théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 1992 : La Jalousie de Sacha Guitry, mise en scène Jean-Claude Brialy, théâtre des Bouffes-Parisiens, théâtre du Gymnase à Marseille, théâtre des Célestins, Festival de Ramatuelle et tournée
  • 1994 : Show bis de Neil Simon, mise en scène Georges Wilson, théâtre des Bouffes-Parisiens : voix
  • 1996 : Monsieur de Saint-Futile de Françoise Dorin, mise en scène Jean-Luc Moreau, théâtre des Bouffes-Parisiens et tournée
  • 1999 : Mon père avait raison de Sacha Guitry, mise en scène Jean-Claude Brialy, tournée puis théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 2002 : Poste restante, de Noël Coward, mise en scène Daniel Roussel, théâtre du Palais-Royal
  • 2005 : J'ai oublié de vous dire, spectacle de et avec Jean-Claude Brialy, théâtre des Bouffes-Parisiens, Festival d’Anjou et tournée avec le pianiste Pascal Amoyel

En tant que metteur en scène

  • 1979 : La Fugue de Francis Lacombrade et Bernard Broca, musique Alexis Weissenberg, théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1984 : Désiré de Sacha Guitry, théâtre Édouard VII
  • 1992 : La Jalousie de Sacha Guitry, théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 1992 : La Puce à l'oreille de Georges Feydeau, théâtre de la Michodière
  • 1994 : Le Bal des voleurs de Jean Anouilh, Festival d'Anjou
  • 1994 : La Source bleue de Pierre Laville, théâtre Daunou
  • 1996 : L'Invitation au château de Jean Anouilh
  • 1999 : Mon père avait raison de Sacha Guitry, théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 1999 : Le Sexe faible d'Édouard Bourdet
  • 2000 : Les Parents terribles de Jean Cocteau

Filmographie

En tant qu'acteur

Cinéma

Télévision

En tant que réalisateur

Cinéma

  • 1955 : French Cancan de Jean Renoir - stagiaire assistant-réalisateur
  • 1971 : Églantine - également scénariste
  • 1973 : Les Volets clos
  • 1973 : L'Oiseau rare - également scénariste
  • 1974 : Un amour de pluie - également scénariste
  • 1983 : Un bon petit diable - également coadaptateur avec Didier Decoin

Télévision

  • 1979 : La Nuit de l’été
  • 1981 : Les Malheurs de Sophie d'après la comtesse de Ségur
  • 1981 : Cinq-Mars - également scénariste
  • 1995 : Vacances bourgeoises
  • 1995 : Il ne faut jurer de rien d’après Alfred de Musset
  • 1997 : Georges Dandin d'après Molière
  • 1998 : La Dame aux camélias d’après Alexandre Dumas fils - également scénariste
  • 1998 : Le Comte de Monte-Cristo , mini-série de Josée Dayan : Père Morrel
  • 2003 : Les Parents terribles d'après Jean Cocteau
  • 2005 : Les Rois Maudits mini-série Hugues III de Bouville

Distinctions

Décorations

  • France :
    • Commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur,
    • Commandeur de l’ordre national du Mérite
    • Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres
  • Monaco : Commandeur de l'ordre du Mérite culturel ()

Récompenses

  • Prix Jean-Le-Duc 1972 décerné par l’Académie française pour son film Églantine
  • Césars 1977 : nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Juge et l'Assassin
  • Césars 1988 : César du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Innocents
  • prix Ballantine 1990 du « Maître du bon goût »

Publications

  • Le Ruisseau des singes, Robert Laffont, Paris, 2000
  • J’ai oublié de vous dire, XO éditions, Paris, 2004
  • Mon Algérie, Timée éditions, 2006 avec un DVD documentaire réalisé lors de son retour en Algérie par Yannis Chebbi et Michael Kazan
  • Les Pensées les plus drôles des acteurs, Le Cherche midi, 2006
  • Les Répliques les plus drôles du théâtre de boulevard, Le Cherche midi, 2007

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

  • Homosexualité au cinéma

Liens externes

  • (en) Jean-Claude Brialy sur l’Internet Movie Database
  • Jean-Claude Brialy sur Allociné
  • Jean-Claude Brialy, l'enchanteur : une sélection de vidéos de l'Ina.
  • Entretien avec Jean-Claude Brialy (1970), une archive de la Télévision suisse romande.
  • Le Coin du cinéphage.
  • Liste des articles consacrés à Jean-Claude Brialy sur Calindex.eu
  • Findagrave
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Source : Article Brialy de Wikipédia

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